martes, 7 de febrero de 2012

Les aventures de TINTIN (1)

Les Aventures de Tintin est une série de bandes dessinées créée par le dessinateur belge Hergé (1907-1983). La série est publiée pour la première fois le 10 janvier 1929 dans Le Petit Vingtième, supplément pour enfants du journal belge Le Vingtième Siècle. Les Aventures de Tintin se déroulent dans un univers reproduisant minutieusement le nôtre, fourmillant de personnages aux traits de caractère bien définis. Cette série est plébiscitée depuis plus de 70 ans par les lecteurs et les critiques. Le héros de la série est le personnage éponyme → Tintin, un jeune reporter et globe-trotter belge. Il est accompagné durant ses aventures par → Milou, son fidèle chien. Au fil des Aventures, plusieurs figures récurrentes sont apparues comme le → Capitaine Haddock — au point de devenir incontournable — les détectives incompétents → Dupond et Dupont, ou encore le → professeur Tournesol. Hergé lui-même apparaît dans chacun de ses albums, en tant que personnage secondaire. Cette série à succès, publiée sous la forme d'albums (24 au total, dont un inachevé), est à l'origine d'un magazine à grand tirage (Le Journal de Tintin), et a été adaptée à la fois au cinéma et au théâtre. Les Aventures de Tintin font partie des plus célèbres bandes dessinées européennes du vingtième siècle. Elles ont été traduites dans environ cinquante langues et vendues à plus de 200 millions d'exemplaires[1] . La bande dessinée Tintin est appréciée depuis longtemps pour ses dessins à la fois dépouillés et vivants, dans la droite ligne du style créé par Hergé, la Ligne claire. Les intrigues — bien documentées — des albums de Tintin mélangent les genres : des aventures de cape et d'épée avec une touche de fantastique aux enquêtes policières, en Les Aventures de Tintin 2 passant par les histoires d'espionnage, ou encore la science-fiction. Les histoires racontées dans Tintin font toujours la part belle à l'humour « peau de banane » (en anglais slapstick), humour contrebalancé dans les albums plus récents par un certain sens de l'ironie[2] et une réflexion sur la société[3] . Vue d'ensemble Tintin est un reporter (mais on ne le verra écrire qu'un seul article dont on ignore le contenu dans → Tintin au pays des Soviets), profession dont Hergé se sert pour mêler son personnage à plusieurs événements contemporains de la période pendant laquelle il travaille : la Révolution bolchévique en Russie, la Seconde Guerre mondiale, le « premier pas » sur la Lune. Hergé a créé autour de Tintin un univers aux détails stylisés, mais réaliste. Il a obtenu cet effet en s'inspirant d'une importante collection de photographies. Les aventures de Tintin suivent une trame très linéaire - une énigme résolue de manière logique - mais Hergé les présente avec un sens de l'humour caractéristique. De plus il y introduit des personnages secondaires, assez prévisibles, mais auxquels les lecteurs, dont l'attention est captée, s'attachent parfois plus qu'aux héros[4] . Le dessinateur a aussi particulièrement bien compris les mécanismes de la bande dessinée, en particulier au niveau du rythme. Ce sens du rythme est flagrant dans → Les Bijoux de la Castafiore, un album dont l'action se déroule dans une atmosphère tendue, alors qu'il ne s'y passe pas grand chose ! Hergé a dans les premiers temps créé les aventures de Tintin en improvisant, ne sachant pas à l'avance de quelle manière le héros se sortirait de toutes ses mésaventures. Il n'a été amené à documenter et à prévoir ses scénarios qu'après avoir terminé Les Cigares du Pharaon. L'impulsion est venue de Zhang Chongren (Tchang Tchong-jen, ou Tchang), un étudiant chinois qui, en apprenant qu'Hergé allait envoyer Tintin en Chine pour sa prochaine aventure, l'a incité à ne pas colporter les idées reçues qu'avaient les Européens de l'époque sur la Chine. Hergé et Zhang ont ainsi travaillé ensemble sur l'épisode suivant de la série : → Le Lotus bleu, qui est considéré par les critiques comme l'un des chefs-d'oeuvre d'Hergé. Des événements extérieurs obligent également Hergé à effectuer d'autres changements dans sa manière de créer ses bandes dessinées. La Seconde Guerre Mondiale et l'invasion de la Belgique par les armées de Hitler entraînent la fermeture du quotidien dans lequel paraissaient Les Aventures. Hergé travaillait à ce moment-là sur → Tintin au pays de l'or noir, lequel ne paraîtra qu'après la guerre. → Tintin en Amérique et → L'Île Noire, déjà publiés, sont interdits par les censeurs nazis, contrariés par la manière dont les États-Unis et la Grande-Bretagne y sont présentés. Néanmoins, Hergé peut poursuivre les aventures de Tintin, en publiant cinq albums, et en faisant paraître deux autres épisodes dans un journal approuvé par les allemands, Le Soir. Pendant et après l'occupation allemande, Hergé est accusé d'être un collaborateur, car ce journal était contrôlé par les nazis. Il est brièvement incarcéré à la Libération. Il se défend en prétendant qu'il avait tout simplement fait son métier pendant l'Occupation, comme l'auraient fait un plombier ou un charpentier. Son travail de cette période, contrairement à sa production d'avant et d'après-guerre, est dans l'ensemble politiquement neutre, et a donné des aventures classiques, comme → Le Secret de la Licorne ou → Le Trésor de Rackham le Rouge. Cependant, l'apocalyptique album → L'Étoile mystérieuse traduit les doutes d'Hergé durant cette époque politiquement troublée. La pénurie de papier de l'immédiat après-guerre entraîne un changement de format des Aventures. Hergé a pour habitude de donner à ses albums le nombre de pages nécessaire au développement de ses scénarios. La maison d'édition Casterman demande à Hergé de dessiner des planches plus petites, et d'adopter une longueur de 62 pages par album. Motif: un album est constitué de 4 cahiers de 16 pages, soit 64 (62 + page de titre + verso). Hergé agrandit son équipe (les dix premiers albums ont été conçus par lui-même et sa femme), qu'il finit par transformer en studio. L'adoption de la couleur permet à Hergé de donner une plus grande envergure à son oeuvre. Sa manière de l'utiliser est plus subtile que celle des Américains, avec des valeurs mieux rendues à l'impression, permettant l'emploi de la Quadrichromie et, de ce fait, une approche cinématographique de la lumière et des ombres. Hergé et son studio se servent d'images pour remplir des demi-pages ou, tout simplement pour détailler et mettre en avant une scène. Les Aventures de Tintin 3 L'emploi de la couleur fait ressortir les détails importants. Hergé insiste sur ce point en affirmant : « Je considère mes histoires comme des films. Donc, pas de narration, pas de description. Toute l'importance, je la donne à l'image »[5] . La vie personnelle d'Hergé a également influencé la série, avec par exemple → Tintin au Tibet, fortement marqué par sa dépression. Ses cauchemars, qu'il aurait décrits comme étant « tout blancs » trouvent un écho dans les paysages enneigés de l'album. L'intrigue est basée sur les recherches menées par Tintin pour retrouver Zhang Chongren, rencontré précédemment dans Le Lotus bleu. Cet épisode ne met en scène aucun bandit et Hergé, qui s'abstient de tout jugement de valeur, se refuse à qualifier l'Homme des Neiges (le Yéti) « d'abominable ». Les aventures de Tintin se sont terminées prématurément avec la mort d'Hergé le 3 mars 1983. La vingt-quatrième aventure, → Tintin et l'Alph-Art, est restée inachevée. Dans cet album, Tintin évolue dans le monde de l'art moderne, et l'histoire se termine sur une scène où Tintin risque d'être tué, enfermé dans du plexiglas et exposé comme une oeuvre d'art. Ensemble des oeuvres Série « classique » Il faut savoir que les neuf premiers albums ont d'abord été publiés en noir et blanc. Hergé a fait par la suite une version en couleurs de tous ces premiers albums (qu'il a redessinés et dont il a plus ou moins modifié le scénario), à l'exception de → Tintin au pays des Soviets ; L'Île noire a même fait l'objet d'une troisième version. Bien qu'initialement publiés en couleurs, les albums → L'Étoile mystérieuse et → Tintin au pays de l'or noir ont également fait l'objet d'une seconde version, plus neutre politiquement : publiée pendant la Seconde Guerre mondiale, la première version de l'Étoile mystérieuse a pu être interprétée comme une oeuvre de propagande en faveur de l'Axe Rome-Berlin, tandis que la première version de Tintin au pays de l'or noir fait explicitement référence au conflit israélo-palestinien.

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